Une nouvelle gauche, une vraie gauche, pour Montreuil !

La décision des instances du Parti socialiste n’a pas choqué que les militants. A Montreuil, on s’insurge : l’avenir de la ville devrait-il une fois de plus se jouer aux dés entre la rue de Solférino et la place du Colonel Fabien ? Dans cette ville de gauche, est-il interdit d’espérer que ça change ? Je ne le pense pas. En témoignent ce courrier aux militants, et quelques images de la soirée du 20 décembre, dans un haut lieu du flamenco, ouvert pour nous ce soir l? .

Chers amis,

Avant tout, merci ! Merci ? toutes celles et ceux qui se sont manifestés tout au long de ces interminables semaines au cours desquelles nous avons, l’arme au pied, attendu que tombe, enfin, la décision des instances nationales du Parti socialiste concernant Montreuil ! Merci ? tous ceux qui étaient présents mardi soir, ? Planète Andalucia, pour partager bien plus qu’un verre… Merci ? ceux qui n’étaient pas l? et qui ont écrit, ou appelé, pour dire que bien sûr, ils en étaient, ils en seraient…

Nous nous en doutions depuis quelques jours, et cela a été confirmé hier : les instances du PS ont choisi de soutenir JP Brard ? nouveau, au mépris du vote des militants socialistes de Montreuil.

Quels sont les ressorts de cette navrante décision ? Il semble que Marie-George Buffet soit intervenue « au plus haut niveau » pour défendre les intérêts de son « ami » Brard, dans la « plus grande ville gérée par le PC », dont il n’est pourtant plus membre depuis plus de dix ans… Il est vrai que des bastions historiques du PC sont aujourd’hui menacés, de La Courneuve ? Aubervilliers… Et que le PC pourrait perdre la majorité au Conseil général, au profit du PS. Permettez-moi néanmoins de penser que cet argument n’a pas réellement pesé dans le choix des socialistes… qui proposent d’ailleurs de soutenir le candidat des Verts dans le canton du Blanc Mesnils, face ? … Hervé Bramy, président communiste sortant du Conseil général.

En clair : ce sont essentiellement des considérations internes au PS, sur lesquelles nous n’avions de fait aucune prise, qui ont primé, avec en arrière-plan la préparation du prochain congrès, qui attise les tensions entre courants. La décision de Claude Bartolone de briguer la présidence du Conseil général, si elle est officiellement soutenue par François Hollande, a exaspéré ses challengers malheureux. De fait, il fallait « choisir son camp », accepter de jouer un jeu aux règles non écrites, d’être utilisé par l’un pour éliminer l’autre, et éviter les balles perdues…

Comment résumer notre état d’esprit ? Nous n’avons pas été surpris, mais nous sommes déçus. De constater que le vote des militants socialistes n’a pas été respecté. Et que ce (grand) parti, qui semblait avoir pris conscience du fossé qui s’est creusé entre les partis de gauche et les attentes des citoyens, tant en termes de projet politique que de pratiques, ne propose rien d’autre que de reconduire les vieilles alliances… La déception n’est pas seulement vive chez nous, elle est plus forte encore pour les militants socialistes. Et que dire des habitants de Montreuil ? Ils ne sont pas contents : « Ras le bol de voir que notre sort continue ? se jouer loin de Montreuil…». « On nous a déj? privés du droit de voter librement aux législatives, et voil? que ça continue… »

C’est l’envie de relever le gant qui ce soir nous habite. Le constat fait en septembre reste valable. Écologistes, socialistes et aussi communistes, nous savons bien que nos partis pèsent peu, finalement, dans cette ville de gauche où l’énergie de la « société civile » n’est en général saluée que pour être mieux canalisée, et manipulée ! Ce qu’on attend de nous, ce n’est pas une « union », limitée ? une brochette de sigles sur des tracts et des affiches, et ? une négociation de maquignon pour répartir des postes. C’est une dynamique civique, débordant le cadre des partis existants, qu’il s’agit d’impulser. L’attente reste énorme d’un renouveau des pratiques, des équipes, des projets ! Cette attente, nous n’avons pas le droit de la décevoir.

Loin de remettre en cause la démarche qui nous a conduits, début septembre, ? chercher ? rassembler autour d’un projet pour Montreuil, fondé sur des valeurs communes, tous ceux qui, engagés ou pas dans un parti, refusaient de considérer que rien ne changerait jamais ? Montreuil, nous voyons dans la mascarade d’hier un encouragement ? la mener ? son terme. Avec vous !

Au fil des semaines, nous avons appris ? travailler ensemble, en considérant que la valeur n’attendait pas le nombre des années… passées ? Montreuil ! Jeunes et retraités, habitants de la Boissière, de la Noue ou du Bas Montreuil, artistes et chefs d’entreprise, usagers des services publics et amoureux des murs ? pêches, nous avons construit de la confiance entre nous, et nous avons fait en sorte que ceux qui avaient de l’expérience se mettent au service de ceux qui en avaient moins. Ça paraît naïf, mais c’est essentiel : si nous voulons convaincre que la « vie » politique n’est pas un sport dégradant, réservé ? une minorité de politiciens brutaux, cyniques, suradaptés au tir ? vue, nous devons faire autrement, entre nous, et dans le contact avec les citoyens, que nous ne voulons ni infantiliser, ni manipuler. Il ne suffit ni de désigner des boucs émissaires, ni de caricaturer les adversaires. Ce défi d’une vie politique moins violente, je veux aussi le relever.

Nous avons vérifié que nous étions d’accord sur les valeurs : la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité, la responsabilité, l’autonomie. Et sur les priorités ! Construire une ville vivable pour tous, en restaurant les solidarités ? tous les niveaux, entre les quartiers, entre les générations, entre ceux qu’on caricature en « prolos » et ceux qu’on caricature en « bobos ». Relever le défi écologique, qu’il s’agisse de vivre mieux ici ou d’apporter notre pierre ? des chantiers plus vastes. Faire vivre l’idéal démocratique, et redonner confiance ? des habitants las des promesses démagogiques et des discours populistes, manipulés, et au final méprisés…

Le temps de la réflexion est derrière nous. Le temps de l’action est venu. J’en suis convaincue, nous allons faire une belle campagne, généreuse, fraternelle, courageuse, responsable. Pas seulement pour se faire plaisir (mais aussi pour se faire plaisir). Pour gagner.

Je vous souhaite une belle fin d’année, pleine de moments intenses et vrais, avec ceux que vous aimez. J’espère que vous n’abuserez pas de vos forces : vous en aurez (vraiment) besoin… Rendez-vous mardi 8 janvier, pour une plénière essentielle pour la suite. Amitiés.

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