Un printemps de combat

Editorial pour le numéro 32 du journal « Tous Montreuil » du 13 au 26 avril 2010

Rien de tel qu’un « vrai » hiver pour nous faire apprécier l’arrivée du printemps, un « vrai printemps » lui aussi, tel qu’on les décrit dans les livres du siècle dernier. Et avec lui le retour des brocantes, des vide-greniers, des fêtes de quartier, des trocs verts, des fêtes d’école, des goûters improvisés au square ou dans les parcs, des excursions en famille.

Partout, la ville est en mouvement. On répare les séquelles de l’hiver – on estime à plus de 500 000 euros les dégâts du gel sur la voirie – on élague les arbres, on nettoie, on plante, on sème…

A l’hôpital, les travaux du pôle mère-enfant avancent à un rythme soutenu. Tout comme ceux du « quartier de la mairie » : dans quelques jours à peine, le parvis de l’hôtel de ville sera rendu au public et avec lui, une grande partie de la place Jean-Jaurès. La rénovation de la Cité de l’Espoir avance bien, elle aussi, ce qui permettra de lui rendre son nom ! Malgré les difficultés budgétaires, les premiers logements du programme de rénovation urbaine sortent de terre au Bel-Air, le calendrier de rénovation du marché se précise, celui du nouveau groupe scolaire de l’îlot 104 aussi.

La période n’est pourtant pas facile pour les collectivités de la Seine-Saint-Denis. Faudrait-il baisser les bras ? Poser la question, c’est y répondre : la résignation, ce n’est pas le genre de la maison.

Claude Bartolone, président du Conseil général, l’a ainsi annoncé urbi et orbi : il présentera un budget 2010 « en déséquilibre ». D’un côté, des dépenses indispensables pour financer les politiques dont le département a la charge et auxquelles il ne peut se soustraire… De l’autre, des recettes en berne, en raison de la réforme de la fiscalité locale, en raison surtout du désengagement de l’Etat. « Pour boucler le budget, dit Claude Bartolone, il manque 75 millions. Cet argent, l’Etat nous le doit. »

Partout on tremble, et d’abord dans les clubs sportifs et les associations culturelles. Pour beaucoup d’entre eux, l’aide du département est indispensable. Y compris pour des institutions solidement installées, comme le Salon du Livre de Jeunesse, la Maison de l’Arbre ou le Meeting International d’Athlétisme. L’inquiétude des communes est également palpable. Elles sont confrontées à  l’explosion des dépenses d’aide sociale, au besoin de construire et d’équiper de nouveaux collèges, et d’accélérer l’arrivée de transports en commun plus performants. Et craignent qu’on leur demande de financer seules demain ce qu’elles réalisent aujourd’hui avec le département… Le Conseil général se bat pour obtenir son dû ? Il a raison. Et peut compter sur notre soutien.

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