Tensions
Editorial pour le numéro 30 du journal « Tous Montreuil » du 16 au 29 mars 2010
Que vous l’ayiez appris par Tous Montreuil, qui en a fidèlement rendu compte, par les conversations autour de la machine à café, ou par les billets enflammés qui circulent sur le web, il me paraît normal de vous apporter des explications claires sur les tensions qui sont nées, au sein de la majorité municipale, de la décision d’une dizaine de conseillers municipaux de boycotter le dernier conseil municipal. Au cœur du débat : les priorités budgétaires pour 2010, et les moyens nécessaires pour les mettre en œuvre.
Ces discussions auraient été plus simples, c’est évident, si nous avions hérité de finances saines (et de bâtiments en bon état). Dans la situation actuelle, elles ont été difficiles et même très difficiles, au sein de l‘équipe municipale, confrontée à des choix douloureux. Il y a tant de retards à rattraper, de réparations lourdes à planifier, de besoins à satisfaire.
J’ai souhaité que la discussion ait lieu vraiment, de façon ouverte, et dans le respect des différentes sensibilités de la majorité municipale. J’ai demandé que toutes les pistes soient explorées. Traquer les gaspillages ? Mieux piloter la dépense ? Bien sûr. Réduire les interventions de la commune ? Peut-être, dans certains domaines. Il a fallu admettre que ça ne suffirait pas, et qu’il était inévitable, si nous ne voulions pas nous contenter d’éponger la dette et de payer les salaires, de dégager, par l’impôt, des recettes suffisantes pour réparer les routes, reconstruire des restaurants scolaires ou équiper de nouvelles crèches.
Cette décision, nous ne l’avons pas prise – je ne l’ai pas prise – de gaité de cœur. Certains n’ont pas souhaité l’assumer ? Comment ne pas le regretter ?
A l’heure où j’écris, les ponts ne sont pas coupés, et la discussion se poursuit, avec l’objectif de reconstruire une majorité solide, où l’échange est de règle, où le respect exclut le chantage, où les décisions prises à une large majorité engagent toute l’équipe. Pas de rabibochage superficiel donc, mais une vraie discussion, débouchant je l’espère sur un contrat solide, permettant d’engager les chantiers de cette deuxième phase de notre mandat.
En attendant, chacun des élus de l’équipe est au travail. Les rendez-vous sont honorés, les dossiers enlisés se débloquent, les projets nouveaux se précisent. A quelques jours du printemps, quoi de plus normal ?