Pour des élus irréprochables
Editorial pour le numéro 37 du journal « Tous Montreuil » du 22 juin au 5 juillet 2010
On espère toujours que chaque scandale sera le dernier, qu’il servira de leçon à ceux qui, dépourvus d’éthique personnelle, craindraient au moins la colère des contribuables et le mépris des électeurs. Et on est toujours déçus. Ainsi de cet anonyme secrétaire d’Etat, qui n’accéda à la gloire médiatique que pour avoir affrété un avion privé, pour une somme extravagante, pour revenir à temps pour un conseil des ministres où… il n’avait pourtant aucun dossier à présenter. Le même s’évertue aujourd’hui – en vain – à démontrer que le permis de construire dont il a bénéficié dans le golfe de St Tropez est parfaitement carré…
D’autres encore s’agitent sans convaincre. Christian Blanc, enlisé dans des histoires de facture de cigares – 12 000 euros quand même – intéresse le fisc, qui doute de la valeur des biens immobiliers qu’il a déclarés.
Rama Yade et Roselyne Bachelot continuent de se crêper le chignon pour des histoires de chambre d’hôtel. Pour dire vrai, on se doutait bien qu’elles ne dormaient pas à l’auberge de jeunesse, mais on reste stupéfait à l’idée qu’elles consacrent des dizaines de milliers d’euros à des aller-retour entre Paris et l’Afrique du Sud. Mais qu’y font-elles exactement ? Ne se passe-t-il donc rien dans leurs ministères ?
Prise la main dans le pot de confiture, Christine Boutin présente comme un acte de grande vertu le fait de renoncer à ses 9 500 euros mensuels de rémunération complémentaire, pour un rapport sur la mondialisation dont nous savons tous qu’il n’aura aucun impact sur la marche du monde, mais une grande influence sur la façon dont elle parlera du président de la République.
Ces comportements sont choquants. Ils ne trahissent pas seulement une légèreté inacceptable dans l’utilisation de l’argent public, à l’heure où tant d’efforts sont demandés aux citoyens et où chacun s’attend à devoir en faire encore davantage. Ils montrent une déconnexion totale avec la réalité vécue par les millions de mal logés, de familles endettées, de chômeurs en fin de droits.
Pour ma part, j’ai demandé lors de notre élection aux membres de mon équipe de ne jamais oublier que l’argent que nous gérons est celui des Montreuillois, et de faire preuve à chaque instant d’une sobriété exemplaire et d’une honnêteté scrupuleuse. Pas de voitures de fonction, pas de chauffeurs, pas de notes de frais, pas de passe-droits… Une règle simple, pour des élus irréprochables.