Montreuil, vraiment
Editorial pour le numéro 31 du journal « Tous Montreuil » du 30 mars au 12 avril 2010
Un échec cuisant pour la droite dont les ténors, sur les plateaux de télévision, n’ont cette fois pas cherché à nier l’ampleur de la défaite et les critiques qu’elle suscite au sein même de l’UMP. Un succès magnifique pour la gauche rassemblée. Martine, Ségolène, Dany, Pierre et les autres, rayonnants, et déjà, rêvant déjà, de succès futurs.
L’euphorie, pourtant, n’est pas de mise.
D’abord parce que, commentateurs et éditorialistes l’ont bien pointé : ce n’est pas tant la gauche qui a gagné dimanche que la droite qui a perdu. Ce n’est pas faire insulte au sérieux et à l’engagement des présidents de région sortants, massivement réélus, que de l’admettre : leur victoire doit beaucoup au rejet de « réformes » conçues dans la précipitation, sans évaluation sérieuse de leurs conséquences ; à l’incertitude face à l’avenir alors que les caisses sont vides et que le chômage atteint son plus haut niveau depuis dix ans ; au fossé persistant entre la volonté affichée (il faut moraliser le système financier) et la triviale réalité (rien n’a changé) ; et aussi à l’exaspération face au style clinquant du président.
Ensuite parce que l’abstention atteint des niveaux record, partout mais plus encore dans les départements, villes et quartiers populaires. On peut bien sûr continuer à fustiger et caricaturer les abstentionnistes, qui négligeraient le sacro-saint « devoir civique » par légèreté. Ou écouter leurs doutes, leurs colères et parfois leur désespoir.
Deux ans après des élections municipales qui ont montré la soif de changement des habitants de notre ville, au moment où s’engage une deuxième phase de notre mandat, je veux être davantage encore à l’écoute. Et apporter des réponses concrètes à ceux qui doutent de notre capacité collective à préparer, pour eux même et leurs enfants, un meilleur avenir. Et rendre à tous la conviction que leur voix compte, et pas seulement au moment de voter. C’est là une tâche difficile, qui vaut mieux que des discours convenus sur la « démocratie participative ». Montreuil, pour tous et avec tous… Montreuil, vraiment.