Ensemble le 27 mai pour les retraites
Editorial pour le numéro 35 du journal « Tous Montreuil » du 25 mai au 7 juin 2010
Sur le constat, nous sommes tous d’accord : la réforme du financement des retraites est nécessaire. Nous vivons de plus en plus longtemps, et en bien meilleure santé qu’il y a un demi-siècle, et nous ne pouvons pas exiger de nos enfants et petits-enfants, qui s’inquiètent de l’état du monde que nous allons leur léguer, qu’ils tiennent des engagements qui mettraient en péril leur propre avenir.
Si la réforme est nécessaire, la façon dont elle est conduite – à marche forcée – n’augure rien de bon. Quant à l’allongement de la durée de cotisation, préconisé par le gouvernement, c’est une fausse bonne idée : d’abord parce que bien des seniors ne sont déjà plus en activité à 60 ans, parce qu’ils exercent des métiers pénibles et usants, ou parce qu’ils sont jugés trop coûteux par les employeurs ; ensuite parce que le risque est grand d’alimenter le chômage des jeunes, qui par centaines de milliers enchaînent stages, petits boulots, et CDD à répétition… ce qui leur interdit de fait d’accumuler des droits suffisants pour leur propre retraite.
Il faut une réforme, mais pas cette réforme.
Il faut une réforme qui consolide le régime par répartition, qui prenne en compte la pénibilité des métiers et l’espérance de vie, les efforts de formation, la discontinuité des carrières, qui restaure l’égalité entre les hommes et les femmes, qui permette à ceux qui n’ont « que » leur petite retraite de vivre dignement.
Sans préjuger du débat qui s’engage à peine, je partage l’inquiétude des syndicats, qui dénoncent la tentation du gouvernement d’aller vite, de passer en force, de ne mettre en débat qu’une seule option. Et je m’associe, et tous les membres de l’équipe municipale avec moi, à la journée de mobilisation du 27 mai pour les retraites, l’emploi et les services publics.
Des services publics qui, de plus en plus souvent, peinent à répondre aux attentes des usagers, de l’école à l’hôpital, de la poste à la CAF, et jusqu’à la préfecture même… Ce qui est en cause, chacun le mesure, c’est une certaine idée de la solidarité, où chacun, parce qu’il aurait la garantie que ses droits sont et seront respectés, se ferait une joie et un devoir de prendre sa part des efforts nécessaires.