A rude école
Editorial pour le numéro 29 du journal « Tous Montreuil » du 2 au 15 mars 2010
Plusieurs faits divers l’ont rappelé ces dernières semaines : l’école n’est pas un sanctuaire préservé des désordres du monde… D’abord – et c’est la leçon des derniers incidents, qui se sont produits dans des établissements « sécurisés » – parce qu’on ne peut éviter totalement les intrusions extérieures, sauf à transformer les établissements scolaires en prisons. Mais surtout parce que ni les élèves ni les enseignants, ne laissent à l’entrée de l’école, du collège, du lycée, les soucis qui les minent. Combien de familles hébergées « provisoirement » chez des proches, dans l’attente d’un logement ? Un provisoire qui dure, qui épuise autant la famille hébergée que la famille d’accueil. Combien d’enfants torturés par la peur du chômage, qui mine aussi leurs parents ? Combien d’enfants témoins ou victimes de violences au sein de la famille ? Combien d’autres encore, convaincus que l’école ne peut rien pour eux, happés par les billets que leur tend le dealer du quartier pour faire le guet, une activité dont certains n’ont même pas conscience qu’elle est répréhensible ?
La situation est grave. Elle ne relève pas d’un énième plan ministériel contre la violence scolaire, dont on peut sans être devin prédire l’échec, mais bien d’une mobilisation générale contre les injustices et les violences qui menacent la vie en société.
Mobilisation générale donc, pour le logement des familles, pour l’emploi des jeunes, pour l’accueil des jeunes enfants, pour la santé, pour la culture, pour l’éducation, à tous les âges de la vie.
C’est le sens de notre engagement pour la renaissance du collège Lenain-de-Tillemont, où enseignants et parents se battent pour changer l’image du collège, qui ne correspond en rien à la réalité d’aujourd’hui. Faire partager la joie d’apprendre, garantir un bon niveau scolaire, développer des activités culturelles et sportives variées, retrouver une large mixité sociale… Une belle ambition, qui nous a semblé menacée par la réforme de la carte scolaire proposée par l’inspection académique et le département… Nous leur avons fait des propositions plus justes, permettant de concilier exigence éducative et mixité sociale. Avec l’espoir d’être écoutés et entendus.